LMNP : le guide complet du statut Loueur Meublé Non Professionnel
Le statut LMNP est l'un des dispositifs fiscaux les plus avantageux pour les propriétaires bailleurs en France. Amortissement du bien, charges déductibles, régime réel simplifié : ce guide couvre tout ce qu'il faut savoir pour comprendre, obtenir et optimiser le statut de Loueur Meublé Non Professionnel en 2025.
Qu'est-ce que le statut LMNP ?
Le statut LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel) est un régime fiscal réservé aux propriétaires qui louent un ou plusieurs logements meublés, sans que cette activité ne constitue leur activité principale. Concrètement, il permet de déclarer les revenus locatifs dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC), et non des revenus fonciers classiques, ce qui ouvre la porte à des mécanismes fiscaux particulièrement intéressants.
Le LMNP existe depuis des décennies dans le droit fiscal français et reste l'un des dispositifs les plus utilisés par les investisseurs immobiliers particuliers. Il s'adresse aussi bien à celui qui loue un studio meublé en centre-ville qu'au propriétaire d'un appartement en résidence de tourisme. L'essentiel est que le logement soit équipé du mobilier nécessaire à la vie quotidienne du locataire, conformément à la liste fixée par le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015.
La distinction principale à comprendre est celle entre le LMNP et le LMP (Loueur Meublé Professionnel). Les deux régimes concernent la location meublée, mais le LMP s'applique dès lors que les recettes locatives dépassent 23 000 euros par an et qu'elles représentent plus de 50 % des revenus professionnels du foyer fiscal. Le LMNP, à l'inverse, concerne les bailleurs dont l'activité de location meublée reste secondaire par rapport à leur activité principale.
LMNP vs LMP : les différences essentielles
- • LMNP : recettes < 23 000 €/an OU inférieures à 50 % des revenus du foyer
- • LMP : recettes ≥ 23 000 €/an ET supérieures à 50 % des revenus du foyer
- • Le LMP entraîne des cotisations sociales (SSI), pas le LMNP
- • Le LMP permet l'imputation des déficits sur le revenu global, pas le LMNP
En pratique, la grande majorité des propriétaires bailleurs qui louent en meublé relèvent du statut LMNP. C'est un régime accessible, souple, et qui offre un levier fiscal majeur : l'amortissement comptable du bien immobilier. Nous y reviendrons en détail dans la suite de ce guide.
Conditions pour bénéficier du statut LMNP
Le statut LMNP n'est pas automatique : il repose sur un ensemble de conditions cumulatives que le bailleur doit respecter pour en bénéficier. Contrairement à ce que beaucoup pensent, il ne suffit pas de meubler un appartement pour être considéré comme LMNP au sens fiscal.
Condition 1 : louer un logement meublé. Le bien doit contenir les équipements minimaux définis par le décret du 31 juillet 2015. Cela inclut notamment : literie avec couette ou couverture, volets ou rideaux dans les chambres, plaques de cuisson, four ou micro-ondes, réfrigérateur, vaisselle, ustensiles de cuisine, table, sièges, luminaires, étagères de rangement et matériel d'entretien ménager. L'absence de l'un de ces éléments peut remettre en question la qualification de meublé et, par ricochet, le bénéfice du statut LMNP.
Condition 2 : respecter les seuils de recettes. Pour rester en LMNP (et ne pas basculer automatiquement en LMP), vos recettes locatives annuelles issues de la location meublée doivent être inférieures à 23 000 euros TTC. Par ailleurs, elles ne doivent pas dépasser les autres revenus d'activité de votre foyer fiscal (salaires, bénéfices professionnels, etc.). Si l'une de ces deux conditions n'est plus remplie, vous basculez en LMP avec les conséquences qui en découlent (cotisations sociales SSI notamment).
Condition 3 : s'immatriculer auprès de l'INPI. Depuis le 1er janvier 2023, l'ancienne formalité au greffe du tribunal de commerce (formulaire P0i) a été remplacée par une déclaration sur le Guichet Unique de l'INPI. Cette inscription est obligatoire et doit être réalisée dans les 15 jours suivant le début de l'activité de location meublée. Elle vous permet d'obtenir un numéro SIRET, indispensable pour déclarer vos revenus BIC.
Condition 4 : ne pas être inscrit au RCS en tant que loueur professionnel. Le LMNP est réservé aux bailleurs qui exercent cette activité à titre non professionnel. Si vous êtes déjà inscrit au registre du commerce en tant que LMP, vous ne pouvez pas revenir au LMNP sans respecter les conditions de seuils.
Récapitulatif des conditions LMNP :
- • Logement conforme à la définition de meublé (décret 2015-981)
- • Recettes locatives meublées < 23 000 €/an
- • Recettes locatives meublées < 50 % des revenus du foyer fiscal
- • Inscription au Guichet Unique INPI (numéro SIRET obtenu)
- • Activité exercée à titre non professionnel
Si vous gérez vos biens sans agence, pensez également à structurer votre suivi locatif dès le départ. Un outil de gestion comme Pmylo peut vous aider à centraliser vos documents, vos loyers et vos échéances, y compris dans le cadre d'un investissement LMNP.
Micro-BIC vs Régime réel en LMNP
En tant que LMNP, vous avez le choix entre deux régimes d'imposition : le micro-BIC et le régime réel simplifié. Ce choix est fondamental car il détermine directement le montant de l'impôt que vous paierez sur vos revenus locatifs.
Le micro-BIC est le régime par défaut si vos recettes annuelles ne dépassent pas 77 700 euros (seuil 2025 pour la location meublée classique). Il fonctionne sur un principe simple : l'administration fiscale applique un abattement forfaitaire de 50 % sur vos recettes brutes. Vous êtes imposé sur les 50 % restants, sans possibilité de déduire vos charges réelles ni d'amortir votre bien. Pour la location de meublés de tourisme classés, l'abattement était historiquement de 71 %, mais la réforme 2025 a modifié ce point (nous y reviendrons).
Le régime réel simplifié permet, quant à lui, de déduire l'ensemble de vos charges réelles : intérêts d'emprunt, frais de gestion, assurance PNO, taxe foncière, travaux d'entretien, frais de comptabilité, et surtout d'amortir le bien immobilier, le mobilier et les travaux. En pratique, le régime réel permet souvent de réduire le résultat fiscal à zéro (voire de créer un déficit reportable), ce qui signifie que vous ne payez aucun impôt sur vos loyers pendant plusieurs années.
Le choix entre les deux dépend de votre situation. Si vous avez très peu de charges (bien payé comptant, pas de travaux, pas de crédit), le micro-BIC peut suffire. Mais dans la majorité des cas, dès que vous avez un emprunt en cours ou que vous réalisez des travaux, le régime réel est nettement plus avantageux.
| Critère | Micro-BIC | Régime réel simplifié |
|---|---|---|
| Seuil de recettes | ≤ 77 700 €/an | Sans limite (obligatoire au-delà de 77 700 €) |
| Abattement forfaitaire | 50 % (meublé classique) | Non applicable |
| Déduction des charges réelles | Non | Oui (intérêts, assurance, taxe foncière, etc.) |
| Amortissement du bien | Non | Oui |
| Amortissement du mobilier | Non | Oui |
| Comptabilité | Simplifiée (déclaration 2042 C PRO) | Liasse fiscale (2031 + 2033) |
| Expert-comptable nécessaire | Non | Fortement recommandé |
| Report de déficit | Non | Oui (10 ans, sur les BIC meublés) |
| Idéal pour | Peu de charges, bien sans crédit | Bien financé à crédit, travaux, optimisation fiscale |
Notre conseil : si vous hésitez, faites une simulation avec un comptable spécialisé en LMNP. Dans plus de 80 % des cas, le régime réel est plus avantageux que le micro-BIC, surtout les premières années d'exploitation lorsque les amortissements et les intérêts d'emprunt sont élevés.
L'amortissement en LMNP : le vrai avantage fiscal
L'amortissement est le pilier du régime réel en LMNP. C'est ce mécanisme qui rend le statut si attractif pour les investisseurs : il permet de déduire chaque année une fraction de la valeur du bien, du mobilier et des travaux, sans que cette déduction ne corresponde à une sortie de trésorerie réelle. En d'autres termes, vous réduisez votre base imposable sans dépenser un centime de plus.
Comment fonctionne l'amortissement du bien immobilier ? La valeur du bien (hors terrain, qui n'est pas amortissable) est décomposée en plusieurs composants, chacun amorti sur une durée différente. Typiquement, la structure (gros oeuvre) est amortie sur 40 à 50 ans, la toiture sur 25 ans, les installations électriques et la plomberie sur 25 ans, les agencements intérieurs sur 15 ans, etc. Cette décomposition est appelée "amortissement par composants".
L'amortissement du mobilier est plus simple : les meubles, l'électroménager et les équipements sont amortis sur une durée de 5 à 10 ans selon leur nature. Un canapé sera typiquement amorti sur 7 ans, un réfrigérateur sur 5 ans, une literie sur 6 ans.
L'amortissement des travaux suit une logique similaire : les travaux de rénovation, d'amélioration ou de mise aux normes sont amortis sur des durées comprises entre 10 et 25 ans selon leur nature (peintures sur 10 ans, remplacement de fenêtres sur 20 ans, réfection de salle de bain sur 15 ans, etc.).
Exemple chiffré
Prenons un appartement acheté 200 000 € (dont 40 000 € de terrain). Le montant amortissable est de 160 000 €.
- • Gros oeuvre (50 %) : 80 000 € sur 50 ans = 1 600 €/an
- • Toiture (10 %) : 16 000 € sur 25 ans = 640 €/an
- • Installations techniques (20 %) : 32 000 € sur 25 ans = 1 280 €/an
- • Agencements (20 %) : 32 000 € sur 15 ans = 2 133 €/an
- • Mobilier : 8 000 € sur 7 ans = 1 143 €/an
- • Total amortissement annuel : environ 6 796 €/an
Si vos loyers annuels sont de 9 600 € (800 €/mois) et vos charges déductibles (intérêts, assurance, taxe foncière, gestion) s'élèvent à 3 500 €, votre résultat fiscal est : 9 600 - 3 500 - 6 796 = -696 €. Résultat : aucun impôt sur vos loyers cette année-là, et un déficit reportable.
Règle importante : l'amortissement ne peut pas créer de déficit fiscal en LMNP. Si le montant de l'amortissement excède le résultat avant amortissement (recettes - charges), l'excédent est mis en réserve et reportable sans limitation de durée. Il pourra être déduit les années suivantes lorsque le résultat sera positif. Seules les charges classiques (intérêts d'emprunt, assurance, etc.) peuvent créer un déficit BIC reportable sur 10 ans.
C'est cette mécanique qui permet à de nombreux investisseurs LMNP de ne payer aucun impôt sur leurs revenus locatifs pendant 10, 15 voire 20 ans. L'amortissement est un avantage considérable qui justifie, à lui seul, le choix du régime réel pour la grande majorité des situations.
Démarches pour devenir LMNP
Devenir LMNP nécessite quelques démarches administratives simples, mais obligatoires. Voici les étapes concrètes à suivre pour vous immatriculer et être en règle.
Étape 1 : S'inscrire sur le Guichet Unique de l'INPI. Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création d'entreprise passent par le portail formalites.entreprises.gouv.fr (anciennement infogreffe). Vous devez y déclarer le début de votre activité de location meublée non professionnelle. L'ancien formulaire P0i papier n'existe plus : tout se fait en ligne. La procédure prend environ 15 à 20 minutes.
Étape 2 : Remplir la déclaration de début d'activité. Sur le Guichet Unique, vous indiquerez : votre identité, l'adresse du bien mis en location, la date de début d'activité, le régime fiscal choisi (micro-BIC ou réel) et le type d'activité (location meublée non professionnelle, code APE 6820A). Attention à bien choisir votre régime fiscal dès cette étape : le choix du régime réel doit être formulé avant la date limite de dépôt de votre première déclaration de résultats.
Étape 3 : Obtenir votre numéro SIRET. Une fois votre déclaration validée, l'INSEE vous attribue un numéro SIRET dans un délai de 1 à 3 semaines. Ce numéro est indispensable pour remplir vos déclarations fiscales BIC. Il figure sur votre avis de situation SIRENE, téléchargeable en ligne.
Étape 4 : Choisir et notifier votre régime fiscal. Si vous souhaitez opter pour le régime réel (recommandé dans la plupart des cas), vous devez en informer l'administration fiscale. Cette option peut être exercée lors de la déclaration initiale sur le Guichet Unique ou par courrier au SIE (Service des Impôts des Entreprises) dont dépend votre bien. L'option pour le régime réel est valable un an et reconduite tacitement.
Étape 5 : Prendre un expert-comptable (recommandé). Si vous optez pour le régime réel, la tenue d'une comptabilité et l'établissement d'une liasse fiscale sont nécessaires. Bien qu'il soit techniquement possible de le faire soi-même, un expert-comptable spécialisé en LMNP vous coûtera entre 300 et 600 euros par an et par bien, un investissement largement rentabilisé par l'optimisation fiscale qu'il apporte. Par ailleurs, l'adhésion à un Organisme de Gestion Agréé (OGA) vous permet d'éviter la majoration de 15 % sur votre résultat imposable (anciennement 25 %, réduit à 15 % en 2025).
Checklist des démarches LMNP :
- ☑ Créer un compte sur formalites.entreprises.gouv.fr
- ☑ Déclarer le début d'activité de location meublée
- ☑ Choisir le régime fiscal (micro-BIC ou réel)
- ☑ Recevoir le numéro SIRET (1 à 3 semaines)
- ☑ Contacter un expert-comptable spécialisé LMNP
- ☑ Adhérer à un OGA (Organisme de Gestion Agréé)
- ☑ Structurer votre suivi locatif (loyers, charges, documents)
Pour la gestion au quotidien de votre bien LMNP, il est essentiel de ne pas s'appuyer sur des fichiers Excel éparpillés. Comme l'explique notre article sur les limites d'Excel pour la gestion locative, un outil structuré vous fera gagner un temps considérable, notamment au moment de la déclaration fiscale.
Fiscalité LMNP en détail
La fiscalité LMNP relève de la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Ce rattachement change fondamentalement la donne par rapport à la location vide classique (revenus fonciers). Voici comment fonctionne concrètement la déclaration fiscale en LMNP.
En micro-BIC, la déclaration est simple : vous reportez le montant brut de vos recettes locatives sur le formulaire 2042 C PRO (rubrique "Revenus des locations meublées non professionnelles"). L'administration applique automatiquement l'abattement de 50 %. Vous n'avez pas de liasse fiscale à produire.
En régime réel, la mécanique est plus complexe mais bien plus avantageuse. Vous devez produire une liasse fiscale composée principalement des formulaires suivants :
- • Formulaire 2031 : déclaration de résultat des BIC. C'est le document principal qui synthétise votre résultat fiscal (bénéfice ou déficit).
- • Formulaires 2033-A à 2033-G : les annexes de la liasse fiscale simplifiée. Elles détaillent le bilan, le compte de résultat, les amortissements, les provisions, etc.
- • Formulaire 2042 C PRO : en complément, vous reportez le résultat net (bénéfice ou déficit) sur votre déclaration de revenus personnelle.
La liasse fiscale doit être déposée au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai (soit généralement le 3 mai) pour un exercice clos au 31 décembre. Le dépôt se fait obligatoirement par voie dématérialisée, soit via votre expert-comptable, soit via un logiciel de comptabilité agréé.
Les charges déductibles en régime réel sont nombreuses et constituent un levier majeur d'optimisation. Parmi les plus courantes :
- • Intérêts d'emprunt et frais de dossier bancaire
- • Assurance emprunteur
- • Assurance Propriétaire Non Occupant (PNO)
- • Taxe foncière (hors taxe d'ordures ménagères si refacturée au locataire)
- • Frais de gestion et d'administration
- • Honoraires d'expert-comptable et cotisation OGA
- • Travaux d'entretien et de réparation
- • Frais de déplacement liés à la gestion du bien
- • Frais de publicité (annonces locatives)
Le traitement du déficit mérite une attention particulière. En LMNP, le déficit BIC issu des charges (hors amortissement) est reportable pendant 10 ans sur les revenus de même nature (c'est-à-dire les revenus de location meublée uniquement). Il ne peut pas être imputé sur le revenu global, contrairement au LMP. L'amortissement non déduit (mis en réserve) est quant à lui reportable sans limitation de durée.
Les prélèvements sociaux s'appliquent au résultat fiscal positif (après déduction des charges et amortissements) au taux de 17,2 %. Ils sont calculés automatiquement lors de votre déclaration de revenus. Tant que votre résultat fiscal est nul ou négatif grâce à l'amortissement, vous n'en payez pas.
LMNP et réforme 2025 : ce qui change
La loi de finances pour 2025 a introduit plusieurs modifications significatives pour les loueurs en meublé. Certaines étaient attendues, d'autres ont surpris les investisseurs. Voici un point complet sur les changements qui impactent le statut LMNP.
La réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value. C'est le changement majeur de la réforme. Jusqu'à présent, lors de la revente d'un bien en LMNP, la plus-value était calculée selon le régime des plus-values des particuliers, sans tenir compte des amortissements déduits pendant la période de location. En d'autres termes, vous bénéficiiez de l'amortissement pendant l'exploitation sans que cela n'impacte votre fiscalité à la revente.
Désormais, les amortissements pratiqués viennent minorer le prix d'acquisition pour le calcul de la plus-value imposable. Concrètement, si vous avez acheté un bien 200 000 euros et amorti 50 000 euros sur 10 ans, votre prix d'acquisition retenu pour le calcul de la plus-value sera de 150 000 euros (et non 200 000 euros). Si vous revendez le bien 250 000 euros, votre plus-value imposable sera de 100 000 euros au lieu de 50 000 euros.
Cette mesure réduit significativement l'avantage du LMNP sur le long terme, surtout pour les biens détenus longtemps et revendus avec une forte plus-value. Toutefois, les abattements pour durée de détention continuent de s'appliquer (exonération totale d'impôt sur le revenu après 22 ans, et de prélèvements sociaux après 30 ans).
La modification des abattements en micro-BIC pour les meublés de tourisme. L'abattement pour les meublés de tourisme non classés est passé de 50 % à 30 %, avec un seuil de recettes abaissé à 15 000 euros. Pour les meublés de tourisme classés, l'abattement reste à 71 % mais le seuil est ramené à 77 700 euros. Ces changements visent à décourager la location saisonnière de type Airbnb au profit de la location longue durée.
L'impact sur la stratégie des investisseurs. La réforme 2025 ne remet pas en cause l'intérêt du LMNP, mais elle en modifie l'équation. L'amortissement reste un avantage massif pendant la phase d'exploitation. En revanche, la revente doit désormais être anticipée et intégrée dans la stratégie globale. Pour les investisseurs qui prévoient de conserver leur bien très longtemps (plus de 22 ans), l'impact est limité grâce aux abattements pour durée de détention. Pour ceux qui envisagent une revente à moyen terme (5 à 15 ans), il convient de recalculer la rentabilité globale avec cette nouvelle donne.
Ce qu'il faut retenir de la réforme 2025 :
- • Les amortissements sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente
- • L'abattement micro-BIC pour les meublés de tourisme non classés passe à 30 %
- • Le LMNP reste avantageux pendant l'exploitation, mais la revente est plus taxée
- • L'exonération pour durée de détention (22/30 ans) n'est pas modifiée
- • La stratégie de long terme reste la plus intéressante en LMNP
Malgré cette réforme, le statut LMNP reste l'un des dispositifs fiscaux les plus performants pour les bailleurs particuliers. L'essentiel est d'adapter sa stratégie et de bien anticiper la durée de détention du bien.
LMNP vs location vide : comparatif
Pour un propriétaire bailleur, le choix entre la location meublée (LMNP) et la location vide (revenus fonciers) est structurant. Chaque formule a ses avantages et ses contraintes. Voici un comparatif détaillé pour vous aider à trancher.
| Critère | Location meublée (LMNP) | Location vide |
|---|---|---|
| Catégorie fiscale | BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) | Revenus fonciers |
| Régime simplifié | Micro-BIC (abattement 50 %) | Micro-foncier (abattement 30 %) |
| Amortissement du bien | Oui (régime réel) | Non |
| Durée du bail | 1 an (9 mois pour étudiants) | 3 ans (6 ans pour SCI/personnes morales) |
| Préavis du locataire | 1 mois | 3 mois (1 mois en zone tendue) |
| Dépôt de garantie | 2 mois de loyer hors charges | 1 mois de loyer hors charges |
| Loyer moyen constaté | 15 à 30 % plus élevé qu'en vide | Référence de marché |
| Déficit reportable | 10 ans (sur BIC meublés uniquement) | 10 ans (+ imputation 10 700 €/an sur revenu global) |
| Mobilier à fournir | Oui (liste réglementaire) | Non |
| Turnover locataires | Plus fréquent (baux courts) | Moins fréquent (baux longs) |
| Complexité de gestion | Moyenne à élevée | Faible à moyenne |
En résumé, le LMNP est fiscalement plus avantageux grâce à l'amortissement et à l'abattement micro-BIC plus élevé. Il permet aussi de pratiquer des loyers plus élevés. En contrepartie, il demande un investissement initial en mobilier, une gestion plus active (turnover locataire plus fréquent) et une comptabilité plus rigoureuse en régime réel.
La location vide reste pertinente pour les bailleurs qui privilégient la stabilité locative et la simplicité administrative, notamment ceux qui ne souhaitent pas s'engager dans une comptabilité BIC ou qui possèdent des biens dans des zones à forte demande en location longue durée.
FAQ : questions fréquentes sur le LMNP
Peut-on cumuler LMNP et activité salariée ?
Oui, c'est même le cas le plus courant. Le statut LMNP est précisément conçu pour les personnes dont l'activité principale est salariée ou indépendante. La condition est que vos recettes locatives meublées restent inférieures à 23 000 euros par an et ne dépassent pas vos autres revenus professionnels. Vous pouvez parfaitement être salarié et LMNP simultanément.
Faut-il obligatoirement un expert-comptable en LMNP ?
Non, ce n'est pas une obligation légale. En micro-BIC, vous n'avez pas besoin de comptable. En régime réel, vous pouvez techniquement faire votre liasse fiscale vous-même, mais c'est fortement déconseillé. Un expert-comptable spécialisé LMNP coûte entre 300 et 600 euros par an et par bien, et cette charge est elle-même déductible. Il optimisera vos amortissements, évitera les erreurs de déclaration et vous fera gagner bien plus que ses honoraires.
Peut-on passer du micro-BIC au régime réel en cours de route ?
Oui. Vous pouvez opter pour le régime réel à tout moment, en adressant un courrier au Service des Impôts des Entreprises (SIE) dont dépend votre bien. L'option doit être exercée avant la date limite de dépôt de la déclaration de résultats de l'année pour laquelle vous souhaitez en bénéficier. L'option est ensuite reconduite tacitement chaque année. À noter : il est également possible de revenir au micro-BIC en renonçant à l'option pour le réel, dans les mêmes délais.
Que se passe-t-il si je dépasse le seuil de 23 000 euros ?
Si vos recettes locatives meublées dépassent 23 000 euros par an et qu'elles sont supérieures à vos autres revenus professionnels, vous basculez automatiquement en LMP (Loueur Meublé Professionnel). Les conséquences principales sont : l'assujettissement aux cotisations sociales SSI (environ 35 à 45 % du résultat), la possibilité d'imputer le déficit sur le revenu global, et un régime de plus-value professionnelle à la revente. Le passage en LMP n'est pas nécessairement défavorable, mais il change significativement la donne et doit être anticipé.
Le LMNP est-il compatible avec une SCI ?
En principe, non. Une SCI soumise à l'impôt sur le revenu (IR) ne peut pas exercer d'activité commerciale à titre habituel. Or, la location meublée est considérée comme une activité commerciale. Si une SCI à l'IR pratique la location meublée, elle risque d'être requalifiée et soumise à l'impôt sur les sociétés (IS). En revanche, une SCI à l'IS peut tout à fait louer en meublé, mais vous perdez alors le régime des plus-values des particuliers à la revente. La solution la plus courante pour investir en LMNP est de le faire en nom propre.
Quels meubles sont obligatoires pour une location meublée ?
Le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 fixe la liste des éléments de mobilier indispensables : literie avec couette ou couverture, dispositif d'occultation des fenêtres dans les pièces destinées à être utilisées comme chambre à coucher, plaques de cuisson, four ou four à micro-ondes, réfrigérateur avec compartiment de congélation (ou congélateur), vaisselle et ustensiles de cuisine, table et sièges, étagères de rangement, luminaires, et matériel d'entretien ménager adapté au logement. L'absence de l'un de ces éléments peut entraîner la requalification du bail en location vide.
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